RECHERCHE ACADÉMIQUEARTS & SOCIETES POST-COLONIALES

Colloque Actazé 2006 : Documents & Interviews

Colloque Actazé 2006, (Mairie de Paris, CNRS, Sorbonne Paris 1)
APPEL A PROPOSITION

"Quelle est la représentation de l’art contemporain des pays post-coloniaux au sein du marché de l’art mondial ? Les artistes de ces pays se reconnaissent-ils dans les critères de choix des experts et des commissaires d’exposition ? Quelles contraintes esthétiques, sociales, culturelles, politiques, économiques s’exercent à travers les processus de création et de reconnaissance artistique locale et internationale ? Quelles stratégies de diffusion et de promotion des arts et des cultures contemporaines sont mises en oeuvre dans les aires post-coloniales ? Quelles y sont les formes, les discours, et les places de la création contemporaine ?

L’art contemporain des pays du Pacifique ou d’Afrique apparaît marginalisé par les mécanismes actuels de reconnaissance de l’art en général, et de l’art contemporain en particulier. Si les marchés de l’art locaux sont peu développés, les critères de définition de la « contemporanéité » sont de surcroît verbalisés par les acteurs d’une Histoire de l’art occidentale qui sert de modèle dans l’identification et la médiation des productions contemporaines africaines et océaniennes.

Les artistes sont alors confrontés au double enjeu qui consiste à exister hors d'un imaginaire occidental qui les stigmatise ou les récupère pour rafraichir la "vieille Europe", et cependant à pénétrer un marché de l’art dont la maîtrise est essentiellement américaine. Les imputations ethniques et géographiques, les approches ethnographiques et culturalistes qui enferment leurs productions constituent pour les artistes africains et océaniens des conditions de visibilité et de reconnaissance difficiles et ambiguës.

Entre l’étau du global (la mondialisation et ses standards) et celui du local (le repli sur soi et l’héritage colonial d’une vision falsifiée de la « tradition »), les artistes contemporains d'Afrique et d'Océanie proposent une déconstruction ironique des exotismes et tentent une décolonisation des critères artistiques. La force critique de ces œuvres, qui tendent de nouveaux miroirs à la contemporanéité, promet l’émergence de pôles de définition de l’art qu’il s’agit d’accompagner comme des modèles alternatifs et originaux, propres à opérer un nécessaire renversement de valeurs."

Valérie Morignat, Directrice de la Conference Internationale Actazé 2006

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